LA MER, DERNIÈRE DEMEURE POUR DES CENDRES ?

Nous pouvons raisonnablement dire que, dans un futur proche, dans de nombreux pays, la crémation sera considérée comme une pratique ordinaire.

Ami(e)s Internautes de www.subphotos.com le  saviez vous ?

Depuis plusieurs années, la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer)  https://www.snsm.org/ procède à la dispersion de cendres en mer à bord de ses vedettes.

Une cérémonie effectuée dans la tradition maritime.

Dés que le défunt est à bord, le pavillon est mis en berne.

Sur zone, un coup de corne de brume est donné avant la dispersion ou l’immersion par la famille.

Une musique classique, profane ou sacrée peut être diffusée.

Lecture par exemple du poème « Océano  Nox » écrit en 1836 par Victor Hugo, souvent repris dans les manuels scolaires ou autre lecture d’un texte…

Des fleurs ou gerbes ou couronnes ou lanternes peuvent être mises à l’eau pour accompagner les cendres durant la dispersion ou l’urne biodégradable durant l’immersion.

La vedette de la SNSM fait trois fois le tour du lieu, puis le pavillon est largué avant de clore par trois coups de cornes de brumes.

Ce service de dispersion des cendres en mer est  rendu  par un certain nombre de stations de sauvetage de la SNSM qui acceptent ponctuellement d’effectuer cette prestation dans le respect rigoureux de la loi et de la réglementation maritime et des 300 mètres (loi littoral n°86-2 du 3 janvier 1986 et article du L.2213-23 du CGCT) pour une dispersion hors des voies et espaces publics maritimes clairement balisés ou délimités (côte, plage, port, chenal d’accès, parc de culture ou d’élevage marin, etc.)

La dispersion des cendres doit se faire dans des zones correspondant à la législation en fonction de la distance par rapport à la côte.

Le service rendu par la SNSM peut être défrayé des coûts engagés pour la sortie spéciale afin de pourvoir aux frais de fonctionnement courant de la station de sauvetage de la SNSM.

Attention ! Pendant toute la cérémonie, la vedette de sauvetage de la SNSM reste opérationnelle.

Si le donneur d’ordre de la SNSM, le CROSS (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage) décide de déclencher l’embarcation de la station de sauvetage de la SNSM pour assurer une intervention vous comprendrez que la cérémonie de dispersion de cendres en mer puisse être annulée.

Depuis la loi du 19 décembre 2008, les cendres d’un défunt ne sont plus de simples cendres, mais sont considérées comme un « corps ».

Cette loi interdit la conservation des cendres à son domicile.

Un délai d’un (1) an maximum est donné aux familles pour trouver une destination finale aux urnes funéraires.

Passé ce délai, les familles doivent accomplir les démarches de dispersion des cendres.

Un défunt en urne a ainsi les mêmes choix de destination qu’un défunt en cercueil avec la possibilité de pratiquer une dispersion des cendres en plus.

L’Eglise catholique a précisée dans une instruction de la Congrégation pour la doctrine de la foi  publiée le 25 octobre 2016 les règles de la crémation qui n’est pas interdite pour les catholiques. L’Eglise catholique réaffirmait en 2016 sa préférence pour l’inhumation des corps.

La crémation ne contient pas, en soi, la négation objective de la doctrine chrétienne sur l’immortalité de l’âme et la résurrection des corps.

Cependant pour l’Eglise catholique les cendres doivent être conservées normalement dans un lieu sacré, à savoir le cimetière ou le cas échéant, une église afin de réduire le risque de soustraire les défunts à la prière et au souvenir de leur famille et de la communauté chrétienne et d’éviter les éventuels oublis et manques de respect qui peuvent advenir surtout après la disparition de la première génération, ainsi que des pratiques inconvenantes ou superstitieuses.

La commémoration des défunts, le 2 novembre, est une occasion de rappeler que la mort d’un baptisé concerne la famille, la communauté catholique et toute l’Eglise.

Revenons à une cérémonie voulue par le défunt de dispersion de ses cendres en mer ou d’immersion.

La personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles en fait la déclaration à la mairie de la commune du lieu de naissance du défunt.

Se munir d’une copie de l’attestation de crémation ou du certificat d’incinération du défunt et d’une copie de l’acte de décès, ou un justificatif officiel du lieu de naissance comme par exemple le livret de famille.

L’identité du défunt ainsi que la date et le lieu de dispersion des cendres sont inscrits sur un registre créé à cet effet.

Aucun délai n’a été fixé pour cette déclaration (art.L 2223-18-3)

Il est possible d’immerger une urne biodégradable (en sel, en carton, argile, ou autre matière biodégradable…) en mer.

Cette immersion doit s’effectuer à une distance minimum de 3 milles marins (environ 6 kms) des côtes (loi littoral n°86-2 du 3 janvier 1986 et article L.2213-23 du CGCT) et hors des voies et espaces publics maritimes clairement balisés ou délimités (port, chenal d’accès, parc de culture ou d’élevage marin…)

Une urne biodégradable peut être immergée ou placée par un(e) plongeur(se) dans une cavité ou dans une grotte à une quinzaine de mètres de profondeur.

Je n’ai pas trouvé de texte qui interdirait l’immersion d’une plaque gravée qui elle ne peut pas être « biodégradable » !

Vous admettrez que l’objectif des inscriptions gravées et immergées est de rappeler le souvenir du défunt…

Enfin il peut être utile de rappeler qu’en France depuis une loi du 15 novembre 1887 chacun a la liberté d’organiser ses propres funérailles.

Cela est limité par l’article 6 du Code Civil qui interdit de déroger à l’ordre public et aux bonnes mœurs.

Deux seuls modes autorisés de sépulture : inhumation ou crémation.

Cette loi de 1887 est par ailleurs reprise par l’article 433-21-1 du Code pénal qui prévoit que toute  personne qui donne aux funérailles un caractère contraire à la volonté du défunt, alors qu’elle en a connaissance, sera punie de six mois d’emprisonnement, d’une amende de 7500 Euros.

Retenons que le principe général est de respecter la volonté d’un défunt clairement exprimée pour l’organisation de ses funérailles lorsque nous en avons connaissance…

Jean de SAINT VICTOR de SAINT BLANCARD

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