Poésies

« LE PLONGEUR »

Où va ce plongeur sublime,
Intrépide en son travail ?
Il va ravir à l’abîme
Ses perles et son corail.
Où va cet oiseau qui passe
Dans le grand firmament clair ?
Je veux plonger dans l’espace
Comme on plonge dans la mer !
Où va l’étoile, ô mon âme,
Qui file ainsi qu’un éclair ?
Je veux plonger dans la flamme
Comme on plonge dans la mer !
Océan, père des mondes,
Rempli d’astres et de jour,
Comme on plonge dans tes ondes
Je veux plonger dans l’amour !

Jean Aicard (1848 – 1921) Recueil : « Les jeunes croyances » (1867)


 « SYNESTHÉSIES » ou « CORRESPONDANCES… »

« La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles; L’Homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l’observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une ténébreuse et profonde untité, Vaste comme la nuit et comme la clarté, Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une ténébreuse et profonde unité, Vaste comme la nuit et comme la clarté, Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants, Doux comme les hautbois, verts comme les prairies, Et d’autres, corrompus, riches et triomphants, Ayant l’expansion des choses infinies, Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens, Qui chantent les transports de l’esprit et des sens. »

Charles BAUDELAIRE dans son recueil de poèmes « Fleurs du Mal »

- Production de vers de 1840 à fin août 1867 -