DEVOILEMENT DE LA PLAQUE CAPITAINE (BOB) MALOUBIER

PROPOS INTRODUCTIFS A LA CEREMONIE DU DEVOILEMENT DE LA PLAQUE CAPITAINE (BOB) MALOUBIER

 « Merci infiniment pour votre présence en ce jour symbolique de la « Saint Michel », un jour de fête honoré par les parachutistes…

 Nous sommes ici pour rendre un hommage particulier à un Ancien, un élève du lycée Pasteur, né le 2 février 1923 à Neuilly-sur-Seine, décédé le 20 avril 2015. En faisant une recherche sur Internet pour en savoir davantage  sur ce prestigieux établissement scolaire public construit à partir de 1912, et achevé à l’été 1914, nous apprendrons que ce bâtiment où nous sommes rassemblées a été réquisitionné au début de la Première Guerre mondiale et a pu abriter un hôpital créé par l’Hôpital américain de Paris, situé également à Neuilly, et qui perdurera pendant toute la durée du conflit.

Deux plaques commémoratives, apposées en 1934, rappellent l’histoire de l’ambulance américaine (American Field Service) du lycée Pasteur (1914-1917). Ce bâtiment reçoit ses premiers élèves à la rentrée de 1919 et est inauguré le 18 octobre 1923. La notoriété d’anciens enseignants et d’anciens élèves est marquée par une longue liste de noms connus, de personnalités qu’il m’est impossible de tous citer. Retenons, pour les anciens élèves, et symboliquement, les noms de Gabriel Brunet de Sairigné (officier, Compagnon de la Libération), Jacques Decour (écrivain et résistant), André Kirschen dit André Rossel (résistant et écrivain)…

Vous comprendrez que je puisse associer les noms de ces anciens élèves à un autre nom qui va compléter cette liste après cette cérémonie de dévoilement d’une nouvelle plaque commémorative qui sera apposée dans une salle d’honneur en vis-à-vis d’une plaque honorant la mémoire d’enseignants et élèves « Morts pour la France » pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

Je ne sais pas si Robert (Bob) Maloubier qui rêvait de devenir pilote de chasse a porté son regard vers le ciel, vers le campanile qui est revêtu de quatre inscriptions gravées avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale : « L’heure revient, l’homme ne revient pas » ; « Chaque heure blesse, la dernière tue » ; « L’heure française sonnera toujours » ; et enfin « Quand l’heure sonne, Homme soit debout ».

La famille de Bob était particulièrement cultivée. Ses deux parents ont été professeurs dans un lycée de New-York pendant vingt ans avant de revenir en France. Le frère aîné de Bob, né aux Etats-Unis, possède même la nationalité américaine. Pas étonnant que Robert soit parfaitement bilingue français / anglais dès son plus jeune âge. Sportif accompli, il est notamment membre de l’équipe de natation du Racing Club de France.

Mai 1940… Les troupes allemandes déferlent sur la France, les épreuves du baccalauréat sont reportées à une date ultérieure et Bob quitte Paris en juin avant l’arrivée des envahisseurs. Décidant de rejoindre le général de Gaulle, il connaîtra des échecs pour ses tentatives mais nous n’avons pas le temps de détailler les péripéties qui vont le mener en Afrique, à Bizerte en Tunisie, en Algérie ou après la liquidation de Darlan par leur ami Fernand Bonnier de la Chapelle, Bob et son ami Henri Silhol vont être recrutés comme agents secrets du SOE par un major anglais, Jacques Vaillant de Guélis…

N’hésitez pas à lire ou relire l’ouvrage de Bob « Agent secret de Churchill » – préface de Jean-Louis Crémieux-Brilhac – et / ou un autre livre : « L’espion aux pieds palmés ». Agent secret pendant la guerre, saboteur, co-créateur des nageurs de combats français, il a développé les Forces Spéciales françaises balbutiantes, a formé des espions, n’a sans doute jamais vraiment quitté les services secrets français…

Mais revenons à l’essentiel du sens des inscriptions sur cette plaque commémorative qui va être dévoilée pour rendre hommage à Robert (Bob) Maloubier.

 L’audace est le contraire de la peur : cela implique une volonté de faire les choses malgré les risques… L’audace peut être mise en relation avec le courage car cela implique là aussi de faire face à la peur à laquelle on est confrontée… Le courage authentique requiert l’existence de la peur, ainsi que le surpassement de celle-ci dans l’action… Depuis Platon, le courage, ou force d’âme, est considéré comme l’une des quatre vertus cardinales, les trois autres étant la prudence, la tempérance, et la justice. L’optimisme, c’est un état d’esprit qui perçoit le monde et l’univers de manière positive et cela remonte à Socrate puis a été professé par Platon et Aristote. Ce sentiment positif en tant que moteur de l’initiative est sans doute une des clefs pour trouver une solution aux problèmes pour surmonter les difficultés, pour vaincre l’adversité. L’abnégation comme renoncement partiel ou complet de soi, et de ses intérêts personnels se devait d’être inscrite pour nous souvenir que Robert Maloubier est un modèle pour les générations actuelles et futures…

 Chères lycéennes, chers lycéens, pour conclure ces propos introductifs à cette cérémonie, je vous propose de partager une phrase d’Henri de Monfreid : « N’ayez jamais peur de la vie, n’ayez jamais peur de l’aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d’autres espaces, d’autres espérances ».

 Merci d’écouter maintenant attentivement Monsieur le président d’honneur de ‘Libre Résistance Historique », Monsieur Marcel Jaurant-Singer, né à Neuilly le 27 mai 1921, et qui fut pendant la Seconde Guerre mondiale un agent secret français du Special Operations Executive ».

 Jean de Saint Victor de Saint Blancard – www.subphotos.com – 29/09/2017 – Lycée Pasteur -

 Remerciements pour les photographies présentées qui sont issues d’un reportage-photos réalisé par IDR Concept  – www.idr-concept.fr  – contact@idr-concept.com -